Lorsque j'ai rencontré les propriétaires de cet appartement situé Passage Landrieu, dans le 7ᵉ arrondissement de Paris, ils pensaient que leur déménagement serait simple puisqu'ils restaient dans le même immeuble. En réalité, c'était tout le contraire.
Le logement de départ se trouvait au premier étage, tandis que leur nouvel appartement était situé au cinquième étage, sans ascenseur. Le volume représentait près de 48 m³ et il était totalement impossible d'utiliser un monte-meubles. Les fenêtres donnaient sur un passage beaucoup trop étroit et aucune installation extérieure n'était envisageable.
Dès la visite technique, j'ai compris que ce chantier demanderait une organisation parfaite. Ce n'était pas la distance qui allait nous fatiguer, mais les centaines d'allers-retours dans les escaliers.
Avant le déménagement, j'ai étudié chaque étage, chaque palier et chaque passage de porte.
Le parquet du nouvel appartement venait d'être entièrement vitrifié. Les propriétaires tenaient énormément à ce qu'il reste impeccable. La moindre rayure aurait été immédiatement visible.
Nous avons donc prévu des protections au sol dans les zones les plus sensibles, des couvertures épaisses pour le mobilier et une méthode de travail permettant d'éviter tout choc contre les murs ou les portes.
Le but n'était pas d'aller vite.
Le but était de travailler proprement.
Pour éviter que les déménageurs ne s'épuisent inutilement, j'ai constitué trois équipes de deux professionnels.
La première équipe démontait le mobilier et descendait les éléments jusqu'au rez-de-chaussée.
La deuxième assurait la liaison entre les deux appartements.
La troisième remontait immédiatement les meubles jusqu'au cinquième étage et commençait leur installation.
Grâce à cette rotation permanente, personne ne transportait seul la totalité du trajet. Pendant qu'une équipe montait, une autre redescendait déjà chercher le mobilier suivant.
Cette organisation nous a permis de conserver le même rythme toute la journée.
Avant de déplacer le moindre meuble, nous avons commencé par protéger l'ensemble du mobilier.
Les armoires ont été démontées.
Les matelas placés sous housses.
Les canapés protégés sous couvertures.
Les fauteuils entièrement emballés.
Les tables, les chaises, les lampes et les objets fragiles ont reçu les protections adaptées.
Même les petits meubles étaient emballés avant d'être déplacés.
Dans un escalier aussi étroit, un simple frottement contre une rampe peut laisser une marque. Nous préférons perdre quelques minutes supplémentaires à protéger correctement le mobilier plutôt que prendre un risque inutile.
Contrairement à la plupart de nos interventions, ce déménagement ne nécessitait pas de transport routier.
Le mobilier ne quittait jamais l'immeuble.
Pourtant, ce chantier restera l'un des plus physiques que j'ai réalisés.
Chaque meuble descendait d'abord jusqu'au rez-de-chaussée avant d'être remonté immédiatement vers le cinquième étage.
Les escaliers sont rapidement devenus notre seul moyen de transport.
À la fin de la journée, nous avions parcouru des centaines de marches tout en manipulant près de 48 m³ de mobilier.
Le nouveau parquet était probablement la plus grande préoccupation des propriétaires.
Avant de commencer l'installation, nous avons demandé que personne ne marche inutilement dans les pièces.
Les meubles étaient déposés délicatement à leur emplacement avant d'être remontés.
Aucun élément n'a été traîné sur le sol.
Chaque déplacement était effectué en soulevant complètement le mobilier.
Lorsque les armoires, les lits et les bibliothèques ont retrouvé leur place, nous avons effectué un dernier contrôle avec les propriétaires.
Le parquet était toujours dans le même état qu'à notre arrivée.
C'était exactement le résultat que nous recherchions.
Beaucoup de personnes pensent qu'un déménagement dans le même immeuble est forcément plus facile.
Après plus de quarante ans de métier, je peux affirmer que ce n'est pas toujours le cas.
Lorsque plusieurs étages séparent les deux logements et qu'aucun ascenseur n'est disponible, l'organisation devient plus importante que la force physique.
Sans méthode, les déménageurs s'épuisent rapidement.
Avec une équipe bien organisée, chacun travaille à son rythme et le chantier avance régulièrement.
C'est exactement ce qui nous a permis de terminer ce déménagement sans abîmer le mobilier, sans marquer le parquet et sans la moindre rayure sur les murs.
Le Passage Landrieu est un endroit calme du 7ᵉ arrondissement où chaque intervention demande beaucoup de discrétion.
À la fin de la journée, les propriétaires avaient retrouvé l'ensemble de leur mobilier installé dans leur nouvel appartement.
Les lits étaient remontés.
Les armoires étaient en place.
Le salon retrouvait progressivement son aspect d'origine.
En me serrant la main avant notre départ, ils m'ont simplement dit :
« Nous pensions que ce déménagement serait impossible sans ascenseur. Vous nous avez prouvé le contraire. »
C'est exactement ce genre de chantier qui rappelle qu'un bon déménagement ne dépend pas uniquement des camions ou du matériel. Il repose surtout sur l'expérience, l'organisation et le travail d'une équipe qui avance ensemble, du premier meuble jusqu'au dernier carton.
Je m'appelle Alain.
Depuis que j'exerce ce métier, beaucoup de clients pensent qu'un déménagement consiste simplement à transporter des meubles d'une adresse à une autre.
Pourtant, certaines interventions ne nécessitent même pas de quitter l'immeuble.
L'histoire que je vais vous raconter s'est déroulée passage Landrieu, dans le 7ᵉ arrondissement de Paris.
À première vue, ce chantier pouvait sembler plus simple qu'un déménagement classique.
Le client restait exactement à la même adresse.
Il quittait simplement son appartement situé au premier étage pour s'installer au cinquième étage.
En réalité, cette journée allait demander une organisation que l'on ne rencontre pas souvent.
Comme toujours, je me suis déplacé pour effectuer mon devis visuel.
Je préfère employer cette expression, car je ne viens pas uniquement calculer des mètres cubes.
Je regarde la façon dont le chantier devra être réalisé.
Je prends le temps d'observer les escaliers.
Les couloirs.
Les portes.
Les accès.
Les sols.
Les parties communes.
Je cherche surtout ce qui pourrait compliquer notre travail.
Ce jour-là, j'ai rapidement compris que la principale difficulté ne serait ni le mobilier ni les 48 m³ à déplacer.
Le véritable défi serait l'immeuble lui-même.
L'appartement donnait sur une cour intérieure.
Les accès étaient particulièrement compliqués.
Aucune installation extérieure ne pouvait être mise en place.
Il fallait donc tout réaliser uniquement par les escaliers.
Quatre étages à monter.
Encore et encore.
Pendant plusieurs heures.
Je savais immédiatement que ce chantier demanderait une équipe importante.
Non pas parce que le mobilier était exceptionnel.
Mais parce que les allers-retours seraient permanents.
Pour cette intervention, j'avais prévu six déménageurs.
Je les avais répartis en trois équipes de deux.
Cette organisation permettait à chacun de travailler sans perdre de temps.
Pendant qu'une équipe emballait les meubles au premier étage, une deuxième montait les cartons et le mobilier.
La troisième commençait déjà à installer les affaires dans le nouvel appartement.
Nous ne voulions jamais encombrer les escaliers.
Ni remplir les paliers.
Le chantier devait rester fluide du début jusqu'à la fin.
Nous ne pouvions pas préparer les 48 m³ d'un seul coup.
Le nouvel appartement ne devait pas être envahi immédiatement par les cartons.
Nous avons donc travaillé par étapes.
Nous préparions environ cinq mètres cubes.
Nous les montions au cinquième étage.
Nous les installions.
Nous retirions les couvertures.
Nous redescendions immédiatement avec notre matériel.
Puis nous recommencions.
Cette méthode nous a accompagnés toute la journée.
Elle demandait davantage d'organisation.
Mais elle évitait d'encombrer le logement et permettait de travailler proprement.
En arrivant au cinquième étage, j'ai découvert un parquet qui venait tout juste d'être vitrifié.
Je savais qu'il faudrait être encore plus attentif.
Je répète souvent à mon équipe qu'un meuble ne doit jamais glisser sur un parquet neuf.
Même un simple carton peut devenir dangereux.
Il suffit parfois d'un petit grain de sable resté sous un carton pour provoquer une rayure impossible à faire disparaître.
À partir de ce moment-là, une nouvelle règle s'est imposée.
Rien ne devait frotter au sol.
Absolument rien.
Chaque carton était porté.
Chaque meuble était soulevé entièrement.
Même lorsqu'il était possible de gagner quelques secondes en le faisant glisser, nous préférions continuer à le porter.
Pour moi, protéger le logement du client fait partie intégrante du déménagement. En montant et en descendant ces quatre étages toute la journée, je regardais régulièrement mon équipe.
Le rythme était soutenu.
Pourtant, personne ne cherchait à aller plus vite que les autres.
Dans ce type de chantier, la vitesse ne fait pas gagner du temps.
C'est l'organisation qui fait la différence.
Chaque déménageur connaissait exactement son rôle.
Pendant que deux collègues terminaient l'emballage au premier étage, deux autres montaient le mobilier et les cartons.
Au cinquième étage, la troisième équipe recevait les affaires, retirait les protections et installait progressivement le nouvel appartement.
Cette méthode évitait les croisements inutiles dans l'escalier.
Personne ne se gênait.
Personne n'attendait inutilement.
Chaque rotation permettait d'avancer un peu plus.
Le mobilier appartenait au client.
Mais les murs de l'immeuble méritaient eux aussi toute notre attention.
Les cages d'escalier anciennes possèdent souvent des angles très serrés.
Une armoire légèrement mal présentée.
Une bibliothèque portée trop rapidement.
Et une rayure apparaît immédiatement.
Je demande toujours à mes collègues de regarder devant eux avant de regarder le meuble qu'ils portent.
Le mobilier peut être protégé.
Un mur fraîchement repeint ou un angle de pierre ancienne, beaucoup moins.
Tout au long de la journée, nous avons avancé lentement dans les passages les plus délicats.
Quelques secondes de plus à chaque étage permettent souvent d'éviter des heures de réparation.
En arrivant dans le nouvel appartement, une autre difficulté nous attendait.
Le parquet venait d'être vitrifié.
Il était magnifique.
Mais également très fragile.
J'ai immédiatement demandé à toute l'équipe de modifier sa façon de travailler.
À partir de cet instant, aucun carton ne devait être poussé sur le sol.
Aucun meuble ne devait être traîné.
Même les objets les plus légers étaient entièrement portés.
Certains clients pensent qu'un carton ne peut pas abîmer un parquet.
Pourtant, il suffit parfois d'un minuscule gravier resté sous le carton pour laisser une rayure bien visible.
Je préfère toujours perdre quelques minutes supplémentaires plutôt que d'obliger un client à refaire un parquet neuf.
Au fil des années, j'ai appris qu'il ne fallait jamais remplir complètement un appartement avant de commencer à ranger.
Nous avons donc continué à travailler par petites étapes.
Environ cinq mètres cubes montaient.
Nous installions le mobilier.
Nous déballions immédiatement ce qui devait l'être.
Les couvertures revenaient au rez-de-chaussée.
Les sangles également.
Puis une nouvelle rotation commençait.
Cette méthode demandait davantage d'allers-retours.
En revanche, elle permettait de garder un appartement parfaitement organisé tout au long de la journée.
Le client pouvait déjà voir son nouveau logement prendre forme.
Le salon retrouvait progressivement sa place.
Les chambres également.
La cuisine commençait à se remplir.
Tout avançait naturellement.
En fin d'après-midi, la fatigue commençait à se faire sentir.
Monter et descendre quatre étages pendant toute une journée représente un véritable effort physique.
Pourtant, je continuais à demander la même chose à toute l'équipe.
Ne jamais se précipiter.
Les dernières rotations sont souvent les plus dangereuses.
C'est à ce moment-là que la fatigue pousse parfois à vouloir gagner quelques secondes.
Je préfère terminer un chantier un peu plus tard plutôt que de voir apparaître une rayure sur un mur, une marque sur un parquet ou un meuble abîmé dans les derniers instants.
Lorsque le dernier carton est arrivé au cinquième étage, je savais que nous avions respecté l'objectif fixé au début de la journée.
Le mobilier était installé.
Les parties communes étaient restées intactes.
Le parquet ne présentait aucune rayure.
Et chaque déménageur pouvait être fier du travail accompli.